L’histoire du MMA en France est celle d’une lente acceptation. Longtemps interdits car jugés trop violents, les arts martiaux mixtes ont vu leur perception évoluer auprès du public et, en parallèle voire en conséquence, des pouvoirs publics.

Le MMA est une pratique de plus en plus courante aujourd’hui, que ce soit en tant que sport de combat principal ou en complément d’un autre (et réciproquement). Il offre de nouveaux horizons en percussion aux pratiquants de JJB ou de judo et de nouveaux horizons en préhension aux pratiquants de boxes diverses. Les habitués du krav-maga s’y adonnent de plus en plus volontiers, afin d’ouvrir vers un art martial pur et dur leur approche initialement orientée self-défense.

Une brève histoire du MMA en France

Un sport pas si récent

Le combat que nous appelons mixte est à peu près aussi vieux que les civilisations elles-mêmes, il a bien sûr connu une infinité de versions, de variantes et de réinterprétations. Si l’on résume cela en une certitude simple : toutes les époques ont connu leurs propres pratiques d’un style de combat à mains nues efficace qui allie frappe et saisies. Nous n’inventons rien mais nous réinventons toujours. Notre siècle connaît donc le MMA, comme d’autres ont connu des formes « type MMA » de ce que nous appelons aujourd’hui le pancrace ou la savate défense.

Si le MMA trouve ses racines au Brésil avec le JJB et la célèbre famille Gracie, sa forme actuelle naît véritablement aux USA en 1993, tandis que ses règles les plus connues (les Unified Rules of Mixted Martial Arts) sont instaurées en 2009.

Pendant ce temps, la société Zuffa (qui possède et gère l’UFC) absorbait peu à peu les principales autres organisations, à commencer par la Pride FC en 2007. Dans l’esprit du public à l’échelle mondiale, MMA devenait synonyme d’UFC. Plus qu’une mode, le MMA tendit à s’imposer comme étant un des arts martiaux les plus sollicités par les sportifs de tous niveaux, allant de l’adolescent désireux de débuter dans le combat au professionnel voulant diversifier son savoir-faire.

La France en retrait

De nouvelles organisations virent ainsi le jour : la plus connue est bien sûr le ONE Championship, apparu en 2011 et dont l’objet est à la fois de concurrence l’UFC et de mettre en valeur le style et les valeurs du MMA dans son approche asiatique.

Durant cette période d’ébullition, la France demeura prudemment en retrait. Il s’agissait d’évaluer ce sport, ses risques… mais aussi d’aller dans le sens de certaines puissantes fédérations nationales qui appréhendaient l’arrivée de cette concurrence pressentie comme puissante. Ainsi certains représentants des plus grosses fédérations blâmaient-ils un art martial regardé comme brutal et vulgaire. Prudence certes légitime face à un sport nouveau et à la violence spectaculaire, mais qui n’empêcha pas ces mêmes fédérations de se bousculer pour intégrer le MMA lorsqu’il fut décider de le légaliser. Il faut dire qu’il y avait quelques milliers d’adhérents à la clef.

C’est la Fédération Française de Boxe qui l’emporte, le 7 février 2020. Il y a donc très peu de temps : est-ce à dire qu’il est encore difficile de trouver un club où pratiquer le MMA en France ?

Est-il désormais facile de pratiquer le MMA en France ?

Une pratique désormais encadrée

Le terrain était en fait préparé depuis longtemps, sous couvert de pratique du MMA-loisir. Car s’il était interdit d’organiser des compétitions, tout club pouvait proposer une « initiation » au MMA sans être nullement hors-la-loi.

Le MMA relève donc désormais en France de la FMMAF (French Mixted Martial Arts Federation). Celle-ci a bien sûr pour fonction de structurer, d’organiser et de valoriser son sport. Or l’encadrement, cela change tout et peut assurer la bonne image d’une discipline. Si la légalisation du MMA a été rendue possible par la démonstration scientifique de sa dangerosité relative (à tout prendre, les boxes anglaise et thaï sont apparemment plus dangereuses), changer son image auprès du public est encore un autre défi. C’est pourquoi la FMMAF propose des approches structurées : découverte adaptée aux enfants, sensibilisation à la pratique féminine, passages de grade, etc.

Il s’agit pour la fédération de montrer que le MMA n’est pas la boucherie pour brutes épaisses que certains imaginent encore.

Concrètement, où pratiquer le MMA en France ?

Voilà l’autre grande fonction de la FMMAF : l’affiliation de clubs, qui sont alors aptes à participer à la struture d’ensemble, à diffuser le MMA, poussant ainsi les clubs réticents à revoir leur position, etc. Ce cercle vertueux est la condition du développement du MMA en France. Le terrain est on ne peut plus favorable, car ils sont nombreux les sportifs amateurs, notamment au sein de la jeunesse, à se rêver entrer dans un octogone.

On peut donc pratiquer le MMA en France et même outremer, en comptant les cinq seuls clubs hors métropole situés à la Réunion. Sur le territoire national, plusieurs dizaines de clubs sont déjà affiliés FMMAF. Si les grandes villes sont bien entendu presque toutes desservies, il en va aussi de même de territoires plus isolés : le plus simple est sans doute de consulter le site de la FMMAF pour voir quelles sont les possibilités près de chez soi.

Sans oublier ce point important qui ne peut que rassurer quiconque se cherche un club où pratiquer : ils sont légion, les dojos et les salles de boxe qui proposent la pratique du MMA depuis longtemps. Qu’ils soient déjà affiliés ou pas encore, il n’en demeure pas moins possible de découvrir le MMA dans bien des endroits et d’y rencontrer les milliers de pratiquants que compte le pays.