Nom : Gregory Bouchelaghem

Surnom : The French Touch

Surnom utilisé sur ses comptes internets professionnels : GregMMA

Date de Naissance : 23 mars 1978 (43 ans)

Nationalité : Française

Taille : 1.90 m

Poids : 82 kg

Posture : Droitier

Palmarès : 54-0

Catégorie MMA : Poids moyens

La lente acceptation du MMA en France

Si le grand public n’en a pas nécessairement conscience, les amateurs et autres pratiquants de MMA en France le savent en revanche bien : l’implantation de ce sport a été un parcours du combattant de plusieurs années, qui a trouvé sa conclusion il y a peu de temps. Le succès final doit beaucoup à l’investissement personnel de Gregory Bouchelaghem.

Il faut d’abord rappeler en deux mots l’histoire du MMA. Beaucoup savent qu’il apparaît en 1993 aux États-Unis, plus exactement le 12 novembre 1993 à Denver, Colorado. Cet événement est alors appelé The Ultimate Fighting Championship et aujourd’hui connu sous le nom de UFC 1 : The Beginning. Nous en sommes aujourd’hui à l’UFC 266…

Ce qu’il est important de noter, c’est que ce premier événement permet de propulser la popularité du grappling en général et du jiu-jistu brésilien en particulier. Il n’en est effet alors pas encore question de combattants spécialisés dans le MMA, puisqu’il n’existe pas. Chacun représente sa propre discipline et la confronte à une technique différente.

La pratique du sol est alors globalement ignorée par les pratiquants d’arts martiaux. Le terrain est surtout occupé par la boxe, le karaté, le judo. L’offre est encore peu diversifiée et rares sont ceux qui ont conscience du potentiel d’un spécialiste de la préhension face à un combattant strictement percussif. L’UFC 1 bouleverse les mentalités et amène doucement les spécialistes de diverses disciplines à croiser leurs meilleures techniques pour donner naissance à un art martial mixte.

Pour Gregory Bouchelaghem ainsi que pour beaucoup d’autres, c’est un choc et il aura de grandes conséquences.

Biographie de Gregory Bouchelaghem alias GregMMA

Gregory Bouchelaghem, aussi connu par son surnom de GregMMA sur internet, est une figure fondatrice du MMA français. Pourquoi ? Parce que c’est à son investissement personnel, ainsi qu’à celui de bien d’autres sportifs, qu’on doit de voir enfin le MMA considéré comme un sport de combat « fréquentable » en France. La consécration de plus de vingt années d’efforts est récente, avec l’autorisation donnée depuis janvier 2020 par l’État d’organiser des compétitions en France.

Premiers pas en karaté et découverte du MMA

Comme beaucoup de jeunes Français désireux de se consacrer aux arts martiaux dans les années 1990, Gregory Bouchelaghem pratique le karaté, en l’occurrence le karaté shitokan. Il rejoint les tatamis en 1995 : il a alors tout juste 17 ans. Peu de personnes en France savent déjà que le MMA est apparu aux États-Unis deux ans plus tôt. Encore moins nombreux sont celles et ceux qui se doutent qu’il va révolutionner la pratique des sports de combat.

Mais restons pour le moment en 1995. L’internet commence tout juste à tisser sa toile et le monde est à des années-lumières de l’hyper connexion que nous lui connaissons. A moins d’être diffusé par une chaîne étrangère à son pays d’origine, un programme de télévision a peu de chances de dépasser ses propres frontières. Le retentissement médiatique de nombreux événements est donc, lui aussi, bien moindre, car les moyens de les diffuser rapidement et massivement sont encore très limités. Dans le cas des premiers événements UFC, seul le cercle des professionnels des sports de combat est véritablement impacté, ainsi que celui des passionnés.

Un bouleversement pour les sports de combat

Gregory Bouchelaghem découvre ainsi le MMA et l’UFC via… une cassette VHS sur laquelle a été enregistré l’UFC 2, qui s’est tenu le 11 mars 1994 à Denver. Au moment où il la visionne, plusieurs autres UFC ont donc déjà eu lieu aux États-Unis…

Lui et beaucoup d’autres comprennent aussitôt quel bouleversement représente le développement du MMA. Les a priori alors dominants sur les méthodes de combat les plus efficaces sont réduits à néant. Le karaté et le judo, éventuellement le kung-fu et quelques autres techniques rendues populaires par le cinéma, étaient alors souvent regardées par le grand public comme représentant le summum de l’efficacité. Dans les milieux professionnels, on était naturellement plus nuancé et on savait mesurer les avantages et les inconvénients de chaque discipline.

Or cet UFC 2, comme l’UFC 1, a été encore remporté par Royce Gracie, héritier de la dynastie de combattants par laquelle le jiu-jitsu brésilien a commencé sa diffusion mondiale. En proposant le spectacle de la confrontation des styles, l’UFC a révélé à bien des sportifs que, si la maîtrise des techniques pied-poing était un atout, elle semblait devoir s’incliner face à celle des techniques de grappling. Et que penser du potentiel d’un entraînement qui combinerait les deux ? Il y a évidemment de quoi faire rêver même les moins ambitieux.

Le choc est grand, la passion pour une nouvelle pratique s’empare aussitôt de Gregory Bouchelaghem et de ses camarades d’entraînement.

L’apprentissage du jiu-jitsu brésilien

Non seulement le jiu-jitsu brésilien est ainsi révélé à ces jeunes sportifs, mais sa supériorité paraît incontestable, ainsi que celle du grappling en général. L’UFC 1 a entériné la supériorité potentielle des clefs et autres étranglements sur le choc pur. Aujourd’hui, cette domination demeure globalement d’actualité en MMA.

Gregory Bouchelaghem est ainsi l’un de ces premiers Français à vouloir apprendre le JJB. Il ne s’agit pas encore pour lui de pratiquer un style mixte, mais les dés sont pourtant jetés. En doublant son savoir-faire de karatéka d’un apprentissage de la préhension et en y ajoutant sa passion pour le combat et sa volonté, il entre de plain-pied dans ce qui va devenir le MMA. Il en sera un pionnier en France.

Carrière professionnelle en MMA

Peu de Français ont combattu pour les plus prestigieuses fédérations : Gregory Bouchelaghem en fait partie. Il commence sa carrière de combattant MMA le 22 mars 2003 à Marrakech, dans le cadre de la World Absolute Fight 2 organisée par la World Absolute Fight Federation. Il inflige un TKO à son adversaire à la dix-septième seconde de la deuxième reprise.

Ce beau démarrage est confirmé par ses combats suivants : sur les cinq qui vont suivre, il en perd un seul par TKO et remporte les quatre autres. Outre une victoire par décision, trois sont obtenues par soumission, à chaque fois via un étranglement arrière. On voit comme l’ancien karatéka a su pousser la maîtrise des techniques de grappling qui ont transformé son approche du combat.

Si ses trois derniers combats ont été perdus, ce fut sur la corde pour au moins deux d’entre eux, dont le résultat a été tranché par le jury. Son dernier combat se termine par un TKO aux poings.

Le 4 juin 2006, il a notamment combattu, à Saitama au Japon, au sein de la Pride Fighting Championships : la Pride FC est alors la plus réputée des fédérations de MMA dans le monde et cette participation vaut donc pour une consécration plus que méritée. Cet événement a autant participé à faire la célébrité de Gregory Bouchelaghem qu’à démocratiser le MMA auprès du public français.

Activités professionnelles après le MMA

Gregory Bouchelaghem a depuis confirmé sa notoriété via d’autres biais. Coach sportif réputé, il a gagné un public nombreux et fidèle grâce à ses activités sur le net.

Intervenant d’abord ponctuellement sur la chaîne YouTube du magazine de référence Karaté Bushido, celui qui est désormais connu sous le pseudonyme de GregMMA a en effet su en devenir l’un des éléments centraux grâce à son dynamisme, à son sens de la caméra et, bien entendu, à son savoir-faire et à sa pédagogie.

Le compte Instagram de GregMMA comptabilise près de 50 000 followers.

Vers un possible retour ?

L’organisation désormais possible de championnats de MMA en France n’ouvre-t-elle pas de nouvelles perspectives de carrière pour Gregory Bouchelaghem ? Le choix de retourner combattre en professionnel lui incombe naturellement à lui seul. La seule certitude que le public puisse avoir est que, quel que soit le rôle que se donnera dans un hypothétique championnat à venir cette figure historique du MMA français, il semble inimaginable qu’il n’y tienne pas une position centrale, que ce soit en tant que combattant, qu’organisateur ou que coach.

Palmarès de Gregory Bouchelaghem

Actif de 2003 à 2006, Gregory Bouchelaghem a combattu 9 fois. Il remporte 5 victoires pour 4 défaites. Son bilan est de 1 victoire par TKO, 3 par soumission et une par décision. Il a lui-même subi 2 TKO et deux défaites par décision (une partagée et une unanime).