Biographie de Dana White

Depuis 2001, le nom de l’Ultimate Fighting Championship est étroitement associé à celui de Dana White, qui en est depuis lors le président.

L’homme d’affaires dispose d’un tempérament souvent bouillant dont il aime rapporter la cause à ses origines irlandaises. Ses commentaires dans les médias sont, quant à eux, parfois polémiques et il a aussi la réputation de tenir sa fédération d’une main de fer.

Quel est le parcours de celui qui est devenu l’un des personnages les plus influents du monde des sports de combat ?

Jeunesse et premières expériences sportives

C’est à Manchester qu’est né, le 28 juillet 1969, Dana White, de son nom complet Dana Frederick White Jr. Il ne s’agit pas ici de la cité britannique fameuse pour son club de football, mais d’une petite ville de plus de 50 000 habitants située dans l’État du Connecticut, à la pointe Nord-Est des États-Unis. Descendant d’immigrés irlandais dont il revendique l’héritage culturel, il grandit entre sa sœur Kelly et sa mère June, qui les élève seule.

Sa vie s’oriente assez rapidement vers le monde des sports de combat. Cela commence, comme pour beaucoup de garçons et de filles de son âge, par la pratique de la boxe. Il a alors 17 ans et vit dans l’État du Maine (encore plus au Nord-Est du pays). Il est élève au lycée public dans la petite ville de Hermon. Après avoir entamé par deux fois des études universitaires et les avoir par deux fois arrêtées au premier semestre, il se tourne définitivement vers ce qui fera sa carrière et sa fortune : le sport.

Coach de champions

C’est en tant que coach sportif qu’il œuvre à ses débuts, dont on ne sait finalement qu’assez peu de choses. Il vit un temps dans le même secteur géographique, mais cette fois un peu plus au Sud, dans l’État du Massachusetts, plus précisément dans la petite ville de Ware, banlieue lointaine de Boston. Ses fréquentations à Boston semblent douteuses, en tout cas si l’on en croit ses propres dires. D’après lui, c’est à la suite de dettes contractées auprès de gangsters notoires qu’il s’enfuit pour rejoindre Las Vegas.

Ce dont on est en revanche certain, c’est que ses affaires en tant que coach sportif progressent. Il ouvre notamment plusieurs salles de sport et propose au public un système combinant boxe et aérobic qui rencontre un réel succès. Mais c’est auprès des combattants professionnels que son tempérament le pousse.

Il entraîne notamment Tito Ortiz et Chuck Liddell. L’un et l’autre se sont tournés vers le MMA après un début de carrière dans un autre sport de combat – ce qui est le cas d’à peu près tous les pratiquants de MMA à l’époque et encore largement aujourd’hui. Tito Ortiz est initialement catcheur (il s’essaie sans succès à la boxe professionnelle en 2021 en perdant son premier combat) et Chuck Liddell est un ancien spécialiste du kickboxing (son palmarès y est remarquable avec 20 victoires pour 2 défaites).

En 1995 a lieu une rencontre essentielle, sans que Dana White le sache encore. On lui présente l’entrepreneur milliardaire Lorenzo Fertitta, lequel découvre l’existence du MMA par son biais. Le grand tournant de sa carrière a lieu au seuil du nouveau siècle : fin 2000, Dana White apprend que l’UFC est à vendre pour 2 millions de dollars. Il contacte alors Fertitta pour lui proposer de participer à l’investissement et, le 9 janvier 2001, l’acquisition est effectuée. La société Zuffa (terme italien qu’on traduira grossièrement par « Bagarre ») est fondée pour l’occasion. Basée à Las Vegas, elle a pour objet de gérer l’UFC et les futurs investissements des frères Fertitta et de Dana White dans les sports de combat.

Dana White vient de se projeter à la tête de ce qui va devenir la plus importante fédération de MMA à l’échelle mondiale.

Dana White

La restauration de l’UFC

Si l’on s’en tient encore une fois au propre récit de Dana White sur son parcours, l’UFC qu’il achète est alors tout à fait en ruine. Il dit n’avoir acquis que le nom d’UFC et une quantité dérisoire de matériel, tout ayant été vendu pour éviter la banqueroute. Même le nom de domaine UFC.com aurait été liquidé. Pour Dana White comme pour tout autre homme ayant l’esprit d’entreprise, cela représentait un chantier plein de promesses. Abandonnant tout à fait ses fonctions de coach auprès de Tito Ortiz et de Chuck Liddell, il entreprend alors de redresser la fédération.

Priorité des priorités : faire légaliser le MMA, condition sine qua non pour transformer ce sport en un véritable business à l’échelle voulue par Dana White. Le première phase de son travail de reconstruction de l’UFC est donc une phase de lobbying auprès des juridictions sportives du pays. Si on peut considérer que le MMA est né le 12 novembre 1993 avec l’UFC 1, son existence est en effet loin d’être acquise sur la durée. Mal considéré, le sport est interdit dans la majeure partie des États-Unis, tandis que certaines figures politiques majeures le condamnent publiquement. Le travail de réhabilitation à entreprendre est conséquent.

Cela passe notamment par une clarification et une uniformisation des règles de ce sport. La chose se fait sur la durée et c’est dans le New Jersey que vont être arrêtées les règles définitives. Entre septembre 2000 et avril 2001, un ensemble de règles sont en effet définies par le New Jersey State Athletic Control Board, organe de régulation et de contrôle des sports de combats dans cet État. Cette réglementation devient la référence à laquelle s’adosse la pratique du MMA dans l’ensemble du pays. S’il faut attendre le 30 juillet 2009 (!) pour que ces règles soient officiellement adoptées en tant que Unified Rules of Mixted Martial Arts, le travail d’uniformisation est, lui, bel et bien effectué.

L’Ultimate Fighter

Autre priorité : la communication. Pour imposer le succès du MMA, il faut attirer les spectateurs, mettre le sport autant en valeur qu’en scène. Lorenzo Fertitta et son frère (et principal associé) Franck Fertitta III, qui ont eux aussi la main sur les commandes de l’UFC, choisissent d’organiser un nouveau type d’événement. Ce sera la naissance de l’Ultimate Fighter.

Dans ce spectacle de télé réalité, des combattants vivent et s’entraînent ensemble – puis s’affrontent, bien entendu – avec pour objectif de décrocher un contrat auprès de l’UFC. En effet, les éliminatoires mènent les deux meilleurs d’entre eux dans chaque catégorie de poids à une finale. Celle-ci est en fait dans la continuité des événements UFC organisés depuis 1993. The Ultimate Fighter 1 Finale, qui est donc aussi l’UFC 52, a lieu le 9 avril 2005. Les premiers finalistes de l’histoire de l’Ultimate Fighter sont Randy Couture et Chuck Liddell. Liddell l’emporte par KO et devient ainsi le premier vainqueur de la première saison.

La formule est un succès et l’Ultimate Fighter en est aujourd’hui à sa vingt-neuvième saison. La dernière en date, The Return of The Ultimate Fighter : Team Volkanovski vs. Team Ortega, s’étant déroulée du 1er juin au 17 août 2021.

The Ultimate Fighter a aussi connu une version internationale avec dix saisons étalées entre 2012 et 2016. Sept d’entre elles se passent en Amérique Latine, terre d’origine du MMA que l’UFC s’est efforcé de conquérir. Les trois autres saisons ont été orientées vers les territoires anglophones (Grande-Bretagne, Canada, Australie) et la Chine.

Le développement de l’UFC

La croissance de l’UFC ne fait dès lors que se confirmer. Un palier symbolique est franchi le 27 mars 2007. A cette date, ce qui fut la principale fédération à l’échelle mondiale, la Pride Fighting Championships, fondée à Tokyo en 1997, est rachetée par Zuffa. L’entreprise est devenue de renommée mondiale, en même temps de que le MMA s’est popularisé partout. Des fédérations mineures sont désormais installées dans de nombreux pays du monde.

Si, dans l’octogone, le combat a un début et une fin, dans le monde des affaires il n’est en revanche jamais terminé. En 2011, l’Asie renoue avec une fédération à vocation mondiale qui soit issue de ses propres territoires, avec la fondation du ONE Championship à Singapour. Cette nouvelle fédération, affichant pour but de promouvoir la culture asiatique des arts martiaux, devient en quelques années un concurrent sérieux pour l’UFC.

En 2017, Dana White a exprimé sa volonté de diversifier les activités de l’UFC en l’ouvrant à la boxe. Outre le fait qu’il s’agit pour lui d’un retour à ses premiers amours sportifs, on est également tenté d’y voir une volonté de s’adapter face au ONE Championship et à sa carte de trois sports différents – MMA, kickboxing et muay Thai.

Actions philanthropiques et caritatives

Dana White, à l’instar de son associé Lorenzo Fertitta, est aussi connu pour ses actions en faveur d’autrui.

Ainsi a-t-il par exemple fait cadeau, en 2011, de la somme de 100 000 dollars au lycée public d’Hermon, celui-là même au sein duquel il a réalisé ses premières armes en boxe. Cette somme était destinée à moderniser et diversifier les équipements sportifs de l’établissement.

Sa plus grosse donation a fait suite à la fusillade de Las Vegas : un million de dollars offert aux victimes de cette tragédie qui a fait 58 morts et plus de 500 blessés.

Polémiques sur la gestion de l’UFC

Dana White a signé en 2019 un nouveau contrat le maintenant à la tête de l’UFC pour sept nouvelles années. Ce renouvellement de confiance est d’autant plus important que diverses critiques de sont fait jour à son endroit.

On ne compte évidemment plus les classiques débats à la suite de propos jugés déplacés lors de conférences de presse houleuses.

La dernière polémique en date, un peu plus remarquée, a concerné les salaires des combattants. Hormis les très grosses stars, il semble en effet que les compétiteurs de second rang soient très mal rémunérés, au point que certains ont dû s’appuyer sur des cagnottes de fans pour pouvoir continuer leur carrière. Une critique évacuée d’un revers de main avec force par Dana White. Cette rudesse de ton et cette fermeté ont été d’autant moins bien perçus par certains fans qu’ils émanent d’un homme dont la fortune est estimée à un demi milliard de dollars et dont les revenus annuels dépasseraient les 20 millions de dollars.