Nom : Charles Oliveira da Silva

Surnom : do Bronx

Date de Naissance : 17 octobre 1989 (32 ans)

Nationalité : Brésilienne

Taille : 1.78 m

Poids : 70 kg

Posture : Droitier

Palmarès : 31-8-1

Catégorie MMA : Poids légers

Style de combat : Jiu-jitsu brésilien

Petite biographie

Charles Oliveira da Silva a derrière lui une histoire qui semblerait vouée à participer à la mise en scène médiatique par l’UFC de cet excellent combattant. Il n’en est pourtant rien : il a la réputation d’être un combattant aussi sous-côté que sous-exploité et lui-même s’en est plaint. Un état de fait avéré mais qui est peut-être en train de changer, comme nous le verrons.

L’ascension sportive de Charles Oliveira fait pourtant aussi partie de ces success stories dont le MMA offre quelques exemples ébouriffants. Si on le surnomme « do Bronx », c’est parce que le champion a passé son enfance dans les favelas de la ville de Guarujá, située dans l’État de São Paulo au Sud-Est du Brésil.

Né le 17 octobre 1989, il entre dans le monde du combat par la porte attendue pour un Brésilien futur champion de MMA : le jiu-jitsu brésilien. Ayant débuté à 12 ans, il obtient sa ceinture noire en 2010 – il est aujourd’hui 3e dan.

Sa progression est fulgurante et ressemble en effet à un conte moderne : ayant survolé la compétition au niveau amateur, il mène et remporte son premier combat professionnel en mars 2008. Son entrée en UFC se fait presque aussitôt : premier combat a lieu le 1er août 2010 contre Darren Elkins à l’UFC Live 2 – Jones vs. Matyushenko. Premier combat, première victoire et une belle démonstration de JJB (soumission par clef de bras) pour déjà apposer sa marque sur la fédération. Il n’a pas encore 21 ans.

Nul ne sait cependant que Charles Oliveira rentre alors dans la partie la plus difficile de sa carrière. Contre toute attente et toute logique, des résultats en dents de scie vont faire piétiner sa carrière. Ayant subi sa première défaite dès le 11 décembre 2010 (UFC 124), il ne remporte plus que deux victoires sur les six combats suivants.

Une série de quatre victoires consécutives en 2014 et 2015 semble annoncer son retour aux résultats spectaculaires qui étaient jusqu’alors les siens mais, de 2015 à 2017, il subit de nouveau quatre défaites sur six combats. Certains, à commencer par l’UFC elle-même, semblent ne plus le considérer que comme étant un gatekeeper (un combattant moyen n’ayant vocation qu’à servir de marchepied aux futurs champions).

Le vent a peut-être enfin tourné pour l’enfant des favelas : depuis 2018, le voilà de nouveau invaincu en neuf combats. Surtout, le voilà consacré : champion UFC des poids légers grâce à sa victoire contre Michael Chandler le 15 mai 2021 à l’UFC 262.

Douze ans après son arrivée en fanfare au sein de la fédération, Charles Oliveira est récompensé et semble devoir enfin attirer à lui les projecteurs médiatiques.

Charles Oliveira

Carrière professionnelle en MMA de Charles Oliveira

Charles Oliveira a donc connu une ascension remarquable et a paru devoir être un « jeune premier » destiné à balayer très tôt le chemin jusqu’au titre de champion. Si son parcours s’est finalement avéré plus complexe, il n’en mérite que davantage d’être examiné.

Des débuts prometteurs

Charles Oliveira n’a que 13 ans lorsqu’il remporte son premier titre en JJB : il ne s’agit certes « que » d’une première victoire en amateur, mais toutes les carrières professionnelles ne commencent-elles pas ainsi ?

Il mène le 15 mars 2008 son premier combat professionnel. Celui-ci est rondement mené : victoire dès la première reprise par soumission. Oliveira remporte deux autres combats le même jour. Nous sommes alors dans l’événement Predator FC 9 tenu à São Paulo par le Predator Fight Championship, organisation de MMA brésilienne à laquelle on doit pas moins de 290 combats professionnels dans 41 événements entre le premier tenu en 2005 et le dernier tenu en 2018.

Olivieira s’impose donc, mais ce n’est pas tout. Il montre aussi sa polyvalence et, donc, sa capacité à briller en UFC : sur ces trois premiers combats, il en remporte en effet deux par TKO. Le spécialiste du grappling n’est donc pas en reste lorsqu’il s’agit de boxer.

La marche triomphale jusqu’à l’UFC

Les matchs suivants de Charles Oliveira confirment à la fois son excellence et cette fameuse polyvalence. La même année, il combat encore trois fois et remporte trois nouvelles victoires : un KO et deux TKO.

Entré en professionnels par les poids mi-moyens, il descend en poids légers et y reste jusqu’en 2012. En 2009 et 2010, il mène six nouveaux combats et effectue encore un sans-faute. C’est bien sûr malgré tout au sol qu’il se sent le plus à l’aise et là aussi qu’il aime donc le mieux s’imposer. Les quatre soumissions qu’il impose sur ces six affrontements en témoignent.

Oliveira est alors devenu un combattant d’envergure internationale. Jusque fin 2009, il n’a presque combattu que dans le cadre strictement national d’organisations brésiliennes. Mais le 17 avril 2009, il a déjà effectué un passage réussi aux États-Unis, durant le Ring of Combat 24. En 2010, c’est en Grande-Bretagne qu’il brille : le 14 février, il remporte ses deux combats de la soirée à l’occasion du Warriors Challenge 5. Il est alors considéré comme étant un des trois meilleurs combattants MMA brésiliens.

Débuts en UFC : le soufflé retombe ?

C’est à ce moment que Charles Oliveira signe auprès de l’UFC. Son premier combat se tient à San Diego le 1er août 2010, dans le cadre de l’UFC Live 2 – Jones vs. Matyushenko. C’est une victoire fulgurante contre Darren Elkins à la 41e seconde de la première reprise, par soumission.

Combat suivant le 15 septembre de la même année et une nouvelle victoire par soumission, cette fois contre Efrain Escudero (UFC Fight Night 22). Quoique moins spectaculaire (combat terminé à la troisième reprise), ce résultat paraît confirmer l’ascension du Brésilien.

Un coup d’arrêt est pourtant donné à son élan. L’enfant génial des favelas, invaincu jusqu’alors, encaisse trois déceptions coup du coup. C’est d’abord une défaite par soumission le 11 décembre 2010 face à Kim Miller (UFC 124). Le 26 juin 2011, alors qu’il semble avoir remporté son combat suivant par soumission contre Nik Lentz (UFC Live 4), le résultat est invalidé à cause d’un coup de genou illégal. Enfin, défaite le 14 avril contre Donald Cerrone (UFC Live 5), par TKO cette fois.

La déferlante Oliveira est arrêtée et bien arrêtée. C’est alors à lui de montrer qu’il demeure un des plus grands combattants de sa catégorie et que deux défaites ne sont qu’un contretemps à sa carrière. Il n’en sera hélas pas ainsi.

2010 – 2018 : la traversée du désert ?

C’est le début d’une longue période d’incertitude et de déceptions pour Charles Oliveira. De 2012 à 2016, il descend en poids plumes mais ne parvient pas à s’imposer dans la catégorie et y souffrira jusqu’à son retour en poids légers à partir de 2017.

En janvier et juin 2012, il remporte deux nouvelles victoires par soumission, laissant espérer la fin de ses ennuis. Ça n’en est encore que le début. En septembre 2012 puis juillet 2013, il est à nouveau vaincu par deux fois et subit aussi son premier KO contre Cub Swanson à l’UFC 152.

S’il remporte ses quatre combats suivants et peut notamment prendre sa revanche de Nik Lentz durant l’UFC Fight Night 67, il subit ensuite quatre défaites sur six combats entre 2015 et 2017.

Mais ce n’est sans doute pas le plus important. A tout prendre, le palmarès de Charles Oliveira est pourtant beau en 2017 : 22 victoires, 8 défaites. Alors pourquoi n’est-il pas regardé comme la grand sportif qu’il est ? Pourquoi aucune opportunité ne lui est-elle donnée de combattre pour la ceinture, tandis que la seule Main Card qu’il a occupée date de 2010 ?

Peut-être parce que, spectaculaire jusqu’à son entrée en UFC, il a eu des résultats trop irréguliers depuis ? Qu’importe. Si « do Bronx » a une qualité, c’est bien la volonté et il va le prouver en se propulsant de nouveau au sommet.

La renaissance et la consécration

En 2017, Charles Oliveira remonte en poids légers et il semble que cela contribue à lui porter bonheur. Cela et sa gnaque, son courage et ses compétences techniques arrivées à maturité…

Il est de nouveau invaincu à partir de 2018. Neuf combats, neuf victoires. Cinq soumissions, trois KO/TKO, une décision. Le neuvième est aussi et surtout celui de la consécration. Enfin proposé pour le titre de champion des poids légers, devenu vacant avec le départ en retraite de Khabib Nurmagomedov.

A la 19e seconde de la seconde reprise, c’est enfin la récompense d’années de frustrations : Olivieira inflige un TKO à Michael Chandler et devient champion UFC des poids légers. Nous sommes le 15 mai 2021 à l’UFC 262.

Pourtant… ! Poursuivi par sa mauvaise fortune, Oliveira n’en finit pas d’essuyer des critiques. Car son image de second couteau lui colle encore à la peau et nombreux ont été les commentateurs et les fans ayant soutenu que ce titre était peu mérité et ne devait pas durer. Oliveira s’en est défendu dans les médias et a souligné son palmarès, qui en effet est sans appel. Mais il y a des choses que les mots ne suffisent pas à prouver. Certes, comme lui-même l’a déclaré, sa ceinture est là pour témoigner de son niveau. Mais puisque cela ne suffit pas, ce sera à lui d’imposer le silence et de confirmer son mérite en battant Dustin Poirier le 11 décembre prochain à l’UFC 269.

Palmarès de Charles Oliveira

Charles Oliveira a participé à 40 combats en professionnel pour un palmarès de 31-9-1. Il a remporté 31 victoires : 9 par KO/TKO, 19 par soumission, 3 par décision. Il a été battu 8 fois : 4 par KO/TKO, 3 par soumission, 1 par décision.

Depuis le 15 mai 2021, il est champion UFC des poids légers.

Le 15 mars 2008, il a remporté le Predator FC Welterweight Grand Prix Tournament.